
Pour faire simple, le sommeil chez une maman TDAH, c’est un peu comme quand tu as une envie folle de préparer un super dessert, mais que tu te rends compte qu’il te manque la moitié des ingrédients. Tu files au magasin sans liste, tu oublies encore un truc, et tu finis par te dire que tu n’arriveras jamais à le faire, ce fichu dessert.
Parlons un peu du sommeil. Ou plutôt, de ce fameux sommeil qui nous fait vivre un enfer.
Notre sommeil, c’est exactement ça : une mission impossible.
1. La procrastination du coucher (Le mode « tâches aléatoires »)
Le cerveau TDAH est un expert mondial pour procrastiner l’heure d’aller au lit.
Tu connais ce moment ?
Tu scrolles sur ton téléphone sans fin.
Tu te mets soudainement à réorganiser une pièce entière parce que tu as repéré un détail à ranger.
Tu inventes n’importe quelle tâche aléatoire pour éviter d’aller te coucher.
Et le pire, c’est qu’on ne peut pas juste avoir une routine fixe. Faire la même chose tous les soirs pour s’endormir ? Impossible. Notre cerveau trouve toujours des parades pour casser le rythme.
Trouver les « bonnes conditions », c’est un combat quotidien :
Un soir, il te faut 3 coussins pour être bien… et le lendemain, tu n’en veux plus aucun.
Une semaine, tu as absolument besoin d’un fond sonore… et la semaine d’après, il te faut un silence complet sous peine de péter un câble.
Trouver la bonne formule au bon moment ? Un vrai casse-tête. Aïe aïe aïe…
2. Le regain d’énergies en pleine nuit (Et ma technique du pantin)
Et puis, il y a ce grand classique : le regain d’énergie en plein milieu de la nuit. Tu te réveilles d’un coup, fraîche comme si c’était le matin, et ton cerveau se rallume à 2000 %.
Mon anecdote d’il y a quelques jours :
Je me suis réveillée avec la tête bien trop éveillée pour espérer me rendormir. Je me suis dit : « Allez, je vais aux toilettes, ça va me détendre et je vais me recoucher. » Arrivée dans la salle de bain, mon corps était exténué, mais je sentais que mon cerveau disait non.
N’ayant pas envie de lancer une grande activité à 3h du matin, j’ai tenté une technique désespérée : j’ai commencé à bouger mes bras et mes jambes dans tous les sens, n’importe comment, pour essayer de me fatiguer. Je ressemblais à un pantin ridicule au milieu de la salle de bain ! Spoiler : je suis retournée me coucher et j’ai quand même mis un temps fou à me rendormir…
Quand le sommeil n’est pas là, le cerveau se transforme en mode « random ». Il se met à te raconter absolument tout ce qui lui passe par la tête : des souvenirs d’il y a 10 ans, des trucs d’il y a 20 ans… Il te rappelle tout un tas d’anecdotes dont tu n’as rien à faire là, maintenant. Et crois-moi, dans ces moments-là, même les exercices de respiration pour se déstresser ne fonctionnent pas.
3. Les médicaments face au grand changement
En ce moment, je traverse une période de ma vie où tout change, sans que je l’aie vraiment décidé. Alors je laisse faire, j’attends, mais cela perturbe énormément mes pensées. Ça engendre des angoisses, du stress, et avec mon cerveau neuroatypique, c’est la double peine : même les médicaments pour dormir perdent leur efficacité. Je prends des cachets pour essayer de mieux dormir parce que mon sommeil est trop perturbé, mais mon cerveau trouve toujours le moyen de lutter.
Le pire, c’est que je me souviens avoir eu des périodes de ma vie avec un vrai sommeil de plomb. Parfois, je me demande : Est-ce que mon cerveau a fabriqué ce souvenir et que je n’ai jamais super bien dormi ? Ou est-ce que j’ai vraiment eu ce sommeil incroyable et que ce ne sont que des phases ?
4. Quand le stress s’en mêle : notre nuit étrange (Moi et mon fils TDAH)

En ce moment, je traverse une période de ma vie où tout change, sans que je l’aie vraiment décidé. On déménage, ça perturbe mes pensées, ça engendre des angoisses et du stress. C’est ainsi : je prends des cachets pour arriver à mieux dormir car mon sommeil est vraiment trop perturbé. Mais avec mon cerveau neuroatypique, c’est la double peine : en ce moment, même les médicaments ne sont pas efficaces. Mon cerveau trouve toujours le moyen de lutter et de tourner à 1000 à l’heure.
Le pire dans tout ça, c’est que j’ai vraiment eu des périodes dans ma vie où j’avais un espèce de sommeil de plomb. Parfois je me demande : est-ce que c’est mon cerveau qui a fabriqué ce souvenir et que je n’ai jamais eu un super bon sommeil, ou est-ce que j’ai déjà eu ce très bon sommeil et que c’est juste des périodes, des moments ?
Et le pire, c’est que ce chaos ne touche pas que moi. Mon fils de 8 ans, qui a aussi un TDAH, vit une période super compliquée. Entre la fin de l’année scolaire, le déménagement qui approche, et sa pièce de théâtre aujourd’hui (il a très peu de texte mais ça le stresse énormément)… son petit cerveau est en surchauffe.
Cette nuit, on a vécu un truc complètement fou qui montre bien qu’on a la même façon de fonctionner :
L’histoire du rêve partagé… et du mystère de la moquette :
Je dormais plutôt bien cette nuit, et j’ai fait un rêve super précis. J’ai rêvé que j’entendais mes deux enfants se lever et descendre en bas. Dans mon rêve, j’allais les voir et je les fâchais parce que ce n’était pas l’heure de se lever. C’était tellement réel !
En me levant pour de vrai ce matin, je vais dans leur chambre et je remarque une trace d’eau au sol, sur la moquette. Je touche, c’est mouillé. Je leur demande : « Vous avez bu ? C’est quoi ? ». Ils me disent qu’ils ne savent pas. Je leur demande alors s’ils se sont levés cette nuit, et je leur raconte mon rêve en leur disant que j’avais vraiment eu l’impression de les entendre descendre, au point que je ne savais même plus si c’était vrai ou si j’avais rêvé. Ils me jurent que non, que ça ne s’est pas passé.
Et là, rebondissement : mon fils ramasse son pantalon qui était posé pile à l’endroit de la tâche et me dit : « Maman, pourquoi mon pantalon est mouillé ? ». Je lui dis « C’est pas grave, va en chercher un autre ». Mais en attrapant le tissu… ça sentait le pipi.
Quand je lui ai dit, il m’a regardée et m’a dit : « Ah ! J’ai fait un rêve où je me rappelle que je devais faire pipi, je n’y arrivais pas, et finalement j’ai eu la sensation de faire pipi et en même temps je n’y arrivais pas… et pourtant j’ai vraiment eu l’impression de faire pipi en vrai ! ».
En y réfléchissant bien, ce genre de rêve tellement fort qu’au réveil tu ne sais plus distinguer le vrai du faux, ça m’arrive tout le temps à moi aussi (comme mon rêve de les avoir entendus descendre cette nuit !).
C’est là que je me rends compte que, petit ou grand, vivre avec un cerveau neurodivergent, c’est vraiment une aventure spéciale. Le stress de sa pièce de théâtre et du déménagement est ressorti pendant son sommeil, pile au moment où mon propre cerveau me jouait des tours avec la réalité.
Le mot de la fin (Et la flemme TDAH)
Le côté le plus drôle dans tout ça, c’est que je me dis parfois : « Il faudrait que je fasse un tableau pour noter les périodes de l’année où je dors le mieux, si j’ai fait de la méditation, s’il y avait du bruit ou du silence… » Mais bon, on se connaît… Rien que de penser à créer ce tableau, je transforme ça en une tâche laborieuse et j’abandonne avant d’avoir commencé ! 😅😅😅
Un petit mot du cœur :
Ce que je partage ici, c’est un morceau de ma propre vie, avec toute sa sincérité et ses imperfections. Il n’y a aucune ‘bonne’ ou ‘mauvaise’ façon de faire, seulement des chemins différents. Ce texte est une main tendue, sans jugement, pour partager nos vécus. Restons ouverts, restons bienveillants envers nous-mêmes, et gardons en tête que chaque petit pas vers le calme est une immense victoire.



